Élément clé de la stratégie globale de promotion de la santé, la prévention des dépendances en milieu scolaire vise à réduire les comportements à risque tout en renforçant la capacité des jeunes à prendre des décisions liées à leur santé. Cette approche proactive couvre le temps d’écran excessif et les autres habitudes compulsives susceptibles d’avoir un impact sur la santé mentale et physique, en plus de la consommation de substances.

L’adolescence est une période particulièrement sensible, selon les données de l’étude SIPES « Comportement, bien-être et santé des élèves » de 2018. L’exploration des substances psychoactives est encouragée par le désir d’expériences nouvelles et la propension à prendre des risques. En 2018, 7 % des élèves consommaient du tabac quotidiennement, tandis qu’un sur cinq en avait déjà consommé. Près de 30 % des élèves avaient consommé de l’alcool au cours du mois précédant l’étude, et près de la moitié en avaient déjà consommé. Environ 25 % des élèves du CP au CE2 ont déclaré avoir essayé le cannabis au moins une fois, et 7 % en ont déclaré une fois par semaine. Des disparités entre les sexes se sont développées, généralement au détriment des garçons.
| Catégorie | Détails |
|---|---|
| Sujet | Prévention des assuétudes en milieu scolaire |
| Population ciblée | Élèves de 5e à 12e année en Belgique francophone |
| Organismes impliqués | SIPES, DGDE, CBPS, Infor-Drogues, Prospective Jeunesse, FARES, Ligue des droits humains, Police de Bruxelles |
| Programme pilote | Prévention et lutte contre les addictions (depuis 2018-2019) |
| Substances ciblées | Tabac, cannabis, produits synthétiques, usage excessif d’écrans |
| Objectifs | Renforcer le bien-être des élèves et développer compétences psychosociales |
| Références |
La qualité de vie à l’école est désormais un axe stratégique majeur du Pacte pour l’excellence pédagogique. Grâce à un accompagnement médical et psychologique adapté, l’axe stratégique 5.2 vise à promouvoir des projets de quartier et des actions concertées pour améliorer la prévention santé, notamment des programmes de prévention des addictions pendant les heures de classe.
Afin d’instaurer un climat de confiance avec les élèves, le programme pilote de prévention des addictions, mis en place dans certains établissements scolaires depuis 2018-2019, se concentre d’abord sur le tabac avant d’élargir le débat à d’autres drogues comme le cannabis et les substances artificielles comme la kétamine et le protoxyde d’azote. Il prend également en compte les réseaux sociaux, les jeux en ligne et l’utilisation excessive des écrans, autant de facteurs qui engendrent de graves problèmes de santé chez les jeunes.
Selon les résultats de l’évaluation du programme, une révision du dispositif est nécessaire avant sa prolongation pour l’année scolaire 2025-2026 afin de garantir son efficacité et son uniformité. Grâce à un suivi psychologique et à une communication structurée, l’accent est mis sur les aspects préventifs et pédagogiques plutôt que sur les aspects répressifs.
La fréquence croissante des interventions policières dans les écoles suscite débats et controverses. La circulaire PLP41 précise que ces opérations impliquent le déploiement de 15 à 20 policiers pour effectuer des contrôles de sécurité dans et autour des écoles, parfois avec l’aide de chiens. Bien que l’objectif de responsabilisation des élèves justifie ces actions, de nombreuses organisations et experts dénoncent leur caractère dégradant et peu pédagogique.
La Concertation de Réflexion Police-École de Bruxelles (CREPB) a été créée par le Centre Bruxellois de Promotion de la Santé (CBPS), en collaboration avec la Déléguée Générale aux Droits de l’Enfant (DGDE) et plusieurs organisations associatives et éducatives, afin de répondre à ces problématiques. Cette plateforme collaborative vise à évaluer les effets des interventions policières, à examiner le contexte juridique et à promouvoir des options éducatives préventives et axées sur le dialogue.
Une approche intégrée combinant assistance psychologique, sensibilisation et implication des enseignants et des parents est plus efficace pour prévenir les addictions en milieu scolaire. En plus de leur fournir des méthodes pratiques pour faire face aux pressions et aux tentations liées à la consommation de substances et aux usages compulsifs, elle vise à responsabiliser les jeunes.
Les experts soulignent l’importance cruciale d’adapter les initiatives de prévention afin de tenir compte de l’évolution des comportements, des nouvelles réalités numériques et de la consommation combinée de substances. La stratégie doit rester adaptable, créative et fondée sur les données actuelles afin de réduire les risques et d’accroître la capacité des élèves à surmonter les difficultés actuelles.
Le secret du succès réside dans la coopération interinstitutionnelle entre les services de santé, les agences éducatives et les sociétés spécialisées. Pour offrir un environnement scolaire sûr, où le bien-être des élèves est une priorité et où la prévention devient un outil de santé publique durable, les programmes de prévention doivent intégrer l’enseignement, l’assistance et la protection juridique.
