Le 31 juillet 2026, à environ 3 kilomètres sous la surface de la caldeira de Campi Flegrei, quelque chose a bougé. La magnitude enregistrée était de 4.7. À Pouzzoles, les habitants ont senti les murs trembler — brièvement, mais assez fortement pour faire tomber des objets des étagères et interrompre l’électricité dans plusieurs quartiers. Des éboulements mineurs ont bloqué temporairement des routes sur les versants de la caldeira. Des blessures légères ont été signalées. C’était le séisme le plus puissant dans la zone depuis 40 ans.
Le mot « supervolcan » accompagne Campi Flegrei depuis que les géologues ont compris, dans les années 1980, que le paysage de collines, de plages et de villages à l’ouest de Naples n’était pas ce qu’il semblait être de l’extérieur. Ce n’est pas une montagne avec un cratère au sommet. C’est une caldeira — une dépression géante formée par l’effondrement d’un système volcanique à la suite d’éruptions tellement massives que le toit de la chambre magmatique s’est simplement effondré sur lui-même. La dernière grande éruption remonte à 39 000 ans. La plus récente, Monte Nuovo, date de 1538. Entre les deux, il y a eu des siècles d’activité diffuse, de tremblements de terre, et ce phénomène particulier que les géologues appellent le bradyséisme.

Le bradyséisme est la caractéristique qui rend Campi Flegrei unique et difficile à évaluer. Le sol de la caldeira monte et descend en réponse à la pression des fluides géothermiques et du magma en profondeur. Depuis 2005, le sol s’est élevé de plus de 1,4 mètre. Le rythme actuel est d’environ 10 millimètres par mois. À Pouzzoles, les rues de la vieille ville gardent la mémoire de ces cycles — des marques sur les colonnes du Macellum antique montrent jusqu’où la mer est montée lors d’épisodes précédents, quand le sol s’affaissait, avant de remonter à nouveau sur des décennies ou des siècles. Le sous-sol de cette zone n’est pas stable. Il ne l’a jamais été.
L’Institut National de Géophysique et Volcanologie (INGV), qui surveille Campi Flegrei en temps réel depuis son centre de Naples, a maintenu le niveau d’alerte à jaune après le séisme du 31 juillet. C’est la deuxième position sur une échelle de quatre — vert, jaune, orange, rouge. Le niveau jaune signifie une activité anormale nécessitant une surveillance renforcée, mais pas une indication d’éruption imminente. Les sismologues de l’INGV indiquent que la dynamique actuelle est attribuée principalement aux contraintes crustales et aux fluides géothermiques plutôt qu’à une montée directe de magma vers la surface. Cette distinction est techniquement importante. Elle ne rend pas la situation moins complexe à gérer.
Environ trois millions de personnes vivent dans la zone métropolitaine de Naples et les communes situées directement sur ou à proximité de la caldeira. La Protezione Civile italienne maintient des plans d’évacuation actualisés pour les zones à risque prioritaire — des procédures élaborées en partie à la suite des crises de bradyséisme de 1970-72 et 1982-84, qui avaient conduit à des évacuations partielles de Pouzzoles. Ces évacuations sont encore dans la mémoire collective locale. Les habitants de Pouzzoles vivent avec la conscience d’une géologie active sous leurs pieds d’une façon que peu de populations européennes partagent.
Ce qui rend la situation de juillet 2026 difficile à communiquer avec précision — et les scientifiques de l’INGV le savent bien — c’est l’absence d’un seuil clair entre « activité notable mais non critique » et « situation qui nécessite des décisions d’évacuation préventive ». Le bradyséisme peut s’intensifier pendant des années sans éruption. Il peut aussi s’accélérer soudainement. Les modèles de prévision ont progressé, mais la volcanologie reste une discipline où la fenêtre d’anticipation pour des événements réellement dangereux peut être courte.
Regarder le sol de Campi Flegrei monter de dix millimètres par mois, et savoir que ce sol est la surface d’un système volcanique majeur sous lequel vit une métropole entière, c’est l’une de ces situations qui rappelle que la géologie opère à des échelles de temps et d’espace qui rendent la gestion du risque humain intrinsèquement difficile. L’alerte reste au jaune. La surveillance continue. Et Naples, comme elle le fait depuis deux millénaires, continue de vivre sur son volcan.
