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    Home » Ces infirmières libérales qui ne peuvent plus rembourser leur essence — le scandale oublié de la crise énergétique
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    Ces infirmières libérales qui ne peuvent plus rembourser leur essence — le scandale oublié de la crise énergétique

    relia francisBy relia francisjuillet 30, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    À cinq heures trente du matin, dans un village du Lot-et-Garonne, une infirmière libérale monte dans sa voiture pour commencer sa tournée. Elle a onze patients à voir avant midi. Le premier est à quatre kilomètres. Le dernier est à vingt-trois kilomètres dans l’autre direction. Entre les deux, des routes départementales qui traversent des hameaux où il n’y a plus de médecin depuis dix ans, où le voisin le plus proche est parfois à deux kilomètres, et où les patients qui dépendent des visites à domicile n’ont aucune alternative.

    Elle fait ces tournées depuis douze ans. Ce qu’elle ne faisait pas, avant, c’est calculer si elle gagne de l’argent à la fin de la journée. Le problème est arithmétique dans sa forme mais systémique dans ses origines. Les infirmières libérales sont remboursées de leurs frais de déplacement selon un barème kilométrique fixé dans la convention nationale entre l’Assurance Maladie et les professionnels de santé.

    Ces infirmières libérales qui ne peuvent plus rembourser leur essence
    Ces infirmières libérales qui ne peuvent plus rembourser leur essence

    Ce barème évolue, mais lentement, suivant des cycles de négociation qui ne correspondent pas aux hausses brutales du prix du carburant. Quand le prix à la pompe augmente de 40 à 50 pour cent en quelques mois — comme ce fut le cas lors des pics successifs liés à la crise énergétique et aux tensions géopolitiques — le remboursement kilométrique reste figé à un niveau qui ne couvre plus les frais réels. L’écart est à la charge de la professionnelle.

    Pour une infirmière qui parcourt 300 kilomètres par semaine — ce qui, dans certaines zones rurales peu dotées en médecins, est une réalité quotidienne plutôt qu’une exception — cet écart représente plusieurs dizaines d’euros par semaine que la professionnelle absorbe elle-même. Sur un mois, on arrive à des montants qui commencent à rogner sérieusement sur un revenu déjà sous pression, entre les charges sociales d’une profession libérale, le remboursement du matériel, et les frais de fonctionnement du cabinet.

    Ce qui est particulièrement difficile à entendre dans les témoignages qui circulent dans les forums professionnels et lors des assemblées syndicales, c’est la description de ce que certaines appellent « travailler à perte ». Pas dans le sens comptable d’une entreprise qui accumule des pertes sur plusieurs années. Dans le sens littéral : certaines tournées coûtent plus en carburant que ce qu’elles rapportent après remboursement des frais. Et quand cela se produit, les options sont limitées et toutes mauvaises. Réduire la fréquence des visites chez des patients qui en ont besoin chaque jour. Refuser de nouvelles admissions de patients géographiquement éloignés. Ou, dans les cas les plus avancés, envisager de cesser son activité libérale pour rejoindre un établissement de soins — ce qui retire à la zone un des rares soignants mobiles disponibles.

    Les patients qui en pâtissent directement sont ceux que le système de santé français a justement organisé pour protéger : les personnes âgées dépendantes, les malades chroniques suivis à domicile, les patients sortis d’hospitalisation qui ont besoin de soins quotidiens mais ne peuvent pas se déplacer. Dans les zones rurales et périurbaines sous-dotées médicalement, l’infirmière libérale est souvent le seul professionnel de santé qui passe régulièrement. Quand elle réduit ses visites parce qu’elle ne peut plus se payer l’essence pour y aller, ce n’est pas un tableau de service qui se réorganise — c’est un patient qui reste seul avec sa plaie à panser ou son insuline à injecter.

    La Fédération Nationale des Infirmiers et le SNIIL ont interpellé à plusieurs reprises les autorités sur la nécessité d’une revalorisation rapide du barème kilométrique. Les négociations conventionnelles avancent, mais avec la lenteur caractéristique des processus de révision tarifaire dans le secteur de santé libéral, où les révisions se comptent en mois et les crises énergétiques en semaines. Il est possible que le barème soit revu à la hausse dans un cycle de négociation à venir. Mais en attendant, les tournées continuent, le compteur tourne, et l’écart entre le prix réel et le remboursement théorique continue de s’élargir.

    Ameli — indemnités kilométriques IDEL Ces infirmières libérales qui ne peuvent plus rembourser leur essence Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) SNIIL — Syndicat National des Infirmières et Infirmiers Libéraux
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